La polémique autour du jeu vidéo diffusé par le Comité d’Egerkingen dans la campagne pour l’initiative UDC Pas de Suisse à 10 millions n’est pas un simple accident de communication. Elle révèle brutalement le fond idéologique de cette initiative : une politique de peur, de tri et de désignation de boucs émissaires.
Dans ce jeu, les personnes migrantes, musulmanes ou racisées sont présentées comme des menaces à repousser, tandis que des personnes blanches sont mises en scène comme des travailleurs qualifiés à laisser entrer. Plusieurs médias suisses ont documenté cette logique de séparation entre bons et mauvais migrants, ainsi que les critiques dénonçant une normalisation de la violence et une propagande raciste.
Le Comité d’Egerkingen n’est pas un acteur neutre. Il revendique depuis des années un combat contre l’islam en Suisse et a déjà porté les campagnes sur les minarets et l’interdiction de se dissimuler le visage. Son implication dans la campagne pour l’initiative UDC montre que celle-ci ne parle pas seulement de chiffres, de logements ou d’infrastructures : elle s’inscrit dans une offensive xénophobe et islamophobe plus large.
Le retrait du jeu ne suffit pas. Le problème n’est pas seulement qu’un jeu raciste ait été mis en ligne. Le problème, c’est qu’une telle production soit possible dans le climat politique construit depuis des années par l’UDC : suspicion généralisée envers les personnes étrangères, fantasme d’une Suisse menacée, assimilation de la migration à l’insécurité, et instrumentalisation raciste des difficultés sociales.
Alors que la Jeunesse socialiste suisse demande l’application de la norme pénale antiraciste, et que la question d’éventuelles suites pénales est désormais posée publiquement, il faut rappeler une chose essentielle : le racisme n’est pas un dommage collatéral de cette campagne, il en est le moteur.
Le PST-POP condamne fermement cette propagande raciste et appelle à rejeter massivement l’initiative UDC le 14 juin. Contre la haine, le tri des êtres humains et la militarisation des frontières, nous défendons une Suisse solidaire, égalitaire et antiraciste. Les véritables réponses aux problèmes sociaux ne se trouvent pas dans la chasse aux migrant·e·s, mais dans la défense des salaires, du logement, des services publics et des droits pour toutes et tous.

