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« La rédaction de notre journal a reçu une lettre bien particulière d’un éminent économiste et philosophe né il y a 200 ans. Elle s’adresse aux travailleurs de Suisse.

Chères et chers travailleurs(es) de Suisse,Chères et chers travailleurs(es) de Suisse,Je m’adresse à vous, travailleurs(es), pour vous rappeler que vous êtes les seuls créateurs de richesse en Suisse et dans votre canton, et vous pouvez en être plus que fiers. Hélas, tous les jours on vous prive de la majeure partie de cette richesse. Et pourquoi, me direz-vous ? Pour vous répondre, je voudrais vous parler de ma théorie de la valeur.

Pour que toute société fonctionne, il est indispensable qu’il y ait des hommes et des femmes, des travailleurs, qui produisent les biens et les services qui permettent notre survie et une vie de qualité. Ainsi, de tout temps, chaque société a fonctionné selon ce que j’ai appelé un «mode de production», c’est-à-dire la manière dont la société s’organise pour produire ces biens et services (par ex : l’esclavage, le féodalisme, le capitalisme, le communisme). En Suisse vous avez un mode de production «capitaliste», ce qui signifie que les entreprises (les moyens de production : les machines, outils, logiciels, connaissances, les locaux, etc.) ne vous appartiennent pas ; elles sont possédées par des propriétaires privés (la bourgeoisie). Puisque vous ne détenez pas ces entreprises, vous ne pouvez pas décider de la façon dont la richesse que vous produisez sera répartie. En gros, vous ne pouvez pas décider d’augmenter vos salaires ou de réduire votre temps de travail en gardant le même salaire. Et pourtant, vous produisez ces richesses !

L’UDC ou le PLR, qui représentent politiquement les grands propriétaires des entreprises de votre pays, vous diront que si on augmente trop les salaires, les prix des biens et des services augmenteront pour tout le monde. Hélas pour eux, mon analyse de la production de la valeur montre que l’augmentation des salaires ne provoque pas nécessairement une augmentation des prix. Je vais vous le prouver !

Dans le mode de production capitaliste, en ne possédant pas les entreprises, le seul moyen pour un travailleur de vivre, c’est de vendre sa «force de travail» à un employeur en échange d’un salaire : vous êtes donc des salariés. Vous êtes réduits à être une sorte de machine (une marchandise) que le capitaliste achète pour produire des biens et des services qu’il revendra sur le marché. Attention, ce que je viens de dire est très important : dans un système capitaliste, vous ne vendez pas «votre travail» à l’employeur, vous vendez «votre force de travail» ! Vous êtes considérés comme des “salariés» et non comme des «producteurs». Quelle est la différence, me direz-vous ?

La différence est fondamentale ! Prenons par exemple le travail d’un maçon qui construit un mur de huit mètres pour les propriétaires de l’entreprise qui l’emploie. Imaginons que l’entreprise vende le mur à ses clients 40CHF par mètre donc 320CHF pour ce mur. En construisant le mur en entier, le maçon produit donc une valeur de 320CHF. Le maçon peut construire un mètre de mur par heure et il travaille huit heures par jour. En un jour il est donc capable de produire l’entier du mur qui a une valeur de 320CHF. Si ce travailleur vendait son «travail» et non sa «force de travail», il gagnerait donc 320CHF par jour. Comme il vit dans un système capitaliste et qu’il ne possède pas les moyens de production, le travailleur vend sa «force de travail» pour un salaire qui va au moins lui permettre de survivre (se nourrir, se loger, s’habiller, etc.). Sinon, il accepterait difficilement ce travail. En Suisse, il sera donc payé en moyenne 20CHF / heure (parfois moins) et donc 160CHF / jour.

Les quatre premières heures de la journée de travail, le maçon va produire une moitié de mur qui a aussi une valeur de 160CHF (4 mètres de mur) ; à la fin de la journée, il aura produit l’entier du mur d’une valeur de 320CHF. Ainsi durant les quatre premières heures le maçon va produire pour son patron l’équivalent du salaire qu’il va recevoir (160CHF). Mais la journée ne s’arrête pas là : durant la deuxième moitié de la journée, il va produire l’autre moitié du mur pour une valeur de 160CHF (4 mètres de mur restant). Ces autres 160CHF représentent le profit que le capitaliste se fait sur le dos du travailleur. Voici ce qu’est l’exploitation capitaliste ! Sous ce mode de production, une journée de travail se divise en deux parties : durant la première partie, le travailleur produit la valeur nécessaire à payer son salaire, et durant la deuxième, il continue de travailler gratuitement pour produire le profit du capitaliste. Si le maçon vendait son travail (en tant que producteur) il gagnerait 320CHF (c’est le prix du mur), mais puisque dans le système capitaliste (système salarial) il vend sa «force de travail» il gagne uniquement 160CHF (le prix de son salaire). Autrement dit, les propriétaires de cette entreprise volent 160CHF au maçon puisque c’est lui qui a tout de même produit l’intégralité du mur qui coûte 320CHF.

Voilà d’où naît la lutte des classes sous le capitalisme : la bourgeoisie et ses partis politiques (PLR-UDC) qui détiennent les entreprises et les banques, voudront toujours baisser vos salaires (ou vous faire travailler plus longtemps pour le même salaire) pour augmenter ses profits ; tandis que vous, les travailleurs, voulez et devez chercher à améliorer vos conditions de vie en revendiquant d’être payés pour le travail que vous réalisez et non pour l’achat de votre force de travail. J’ai donc démontré qu’il est possible d’augmenter les salaires sans augmenter les prix des biens que nous consommons : il suffit de baisser ou supprimer le profit des propriétaires des entreprises. C’est ce qu’un nouveau mode de production voulant dépasser le capitalisme devra faire !

Il est plus que jamais temps de revendiquer votre statut de producteur et supprimer le salariat ! Cette différence de statut change tout car un salarié, on l’achète pour un salaire de survie, un producteur on le paie pour sa production et on le reconnaît dignement pour ses créations !

Avec ma plus grande considération,

Le spectre de Karl Marx

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