Projections automnales – A l’assaut du ciel, Cuba ou la solidarité anti impérialiste

Le Parti suisse du travail – POP organise du 10 octobre au 12 novembre 2026 une tournée de projections du documentaire À l’assaut du ciel, Cuba ou la solidarité anti-impérialiste, réalisé par le collectif La Brèche à l’occasion des soixante ans de la Conférence tricontinentale.

Cette tournée constitue un espace de discussion autour d’un enjeu central : à l’heure où l’hégémonie étatsunienne est en crise, comment organiser en Suisse une solidarité anti-impérialiste concrète ?

Chaque séance est suivie d’une discussion avec des membres de La Brèche, le collectif qui a réalisé le documentaire, et / ou autres intervenant.e.s pour échanger sur les perspectives militantes à développer localement.

Synopsis

Soixante ans après la conférence de la Tricontinentale organisée à La Havane en 1966, ce documentaire interroge l’héritage d’un événement qui a réuni pour la première fois les mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine dans une même stratégie internationale contre le colonialisme et l’impérialisme.

À travers les analyses du sociologue et militant Saïd Bouamama, le film explore comment cette expérience unique a permis de construire une solidarité concrète entre peuples en lutte : du Vietnam à l’Afrique du Sud, de la Palestine aux mouvements de libération africains. Plus qu’une simple page d’histoire, la Tricontinentale apparaît comme un laboratoire politique, culturel et intellectuel dont les questionnements résonnent avec les crises contemporaines.

Alors que l’ordre mondial connaît de profondes mutations, que l’hégémonie occidentale est contestée et que de nouveaux rapports de force émergent, le documentaire interroge une question centrale : les peuples du monde sont-ils capables de réinventer aujourd’hui une solidarité internationale à la hauteur des défis du XXIe siècle ?

Entre mémoire historique et réflexion géopolitique contemporaine, le film raconte comment une conférence oubliée continue d’éclairer les luttes du présent et les possibles de l’avenir.

Dates et lieux

  • Samedi 10 octobre 2026 à 18h : Cinéma le Minimum, 2000 Neuchâtel
  • Mardi 13 octobre 2026 à 19h : Salle de spectacles (buvette), Rue de Lausanne 37, 1020 Renens
  • Mercredi 14 octobre 2026 à 19h30 : Cinéma La Grange, Rue des Granges 13, 2800 Delémont
  • Jeudi 15 octobre 2026 à 19h : Espace communautaire Le Pneu, rue du Vélodrome 18, 1205 Genève
  • Jeudi 5 novembre 2026 à 20h30 : Ebullition, Rue de Vevey 34, 1630 Bulle
  • Jeudi 12 novembre 2026 à 20h15 : Cinéma REX, Boulevard de Pérolles 5a, 1700 Fribourg

Le film – note d’intention de La Brèche

Comment parler aujourd’hui de révolution, d’internationalisme et de solidarité entre les peuples sans tomber dans la nostalgie ou le commentaire idéologique abstrait ? C’est la question qui a guidé la réalisation de ce film. En janvier 2026, à l’occasion du 60eme anniversaire de la Conférence tricontinentale de La Havane, l’équipe de tournage de la Brèche a accompagné le sociologue et militant marxiste Saïd Bouamama à Cuba. Très vite, ce voyage a dépassé le simple cadre commémoratif. Derrière la mémoire d’un événement historique majeur du XXeme siècle s’est imposée une interrogation beaucoup plus vaste : que reste-t-il aujourd’hui de l’esprit internationaliste qui animait les mouvements de libération nationale et les organisations révolutionnaires du siècle dernier?

La Tricontinentale n’est pas abordée ici comme un objet figé du passé. Le film la considère comme un point de départ permettant de questionner le monde contemporain. À travers les discussions, les rencontres et les observations réalisées à Cuba, apparaît une réalité plus complexe : celle d’un impérialisme en profonde recomposition, marqué par le recul relatif de l’hégémonie occidentale, l’émergence de nouveaux pôles de puissance et la réapparition de débats que beaucoup considéraient comme clos.

L’intention n’était pas de produire un film historique au sens classique du terme, mais de faire dialoguer deux temporalités. Celle de 1966, lorsque des représentants des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se réunissaient pour penser une stratégie commune face à l’impérialisme, et celle d’aujourd’hui, où de nouvelles formes de coopération, de résistance et d’organisation internationale cherchent à émerger dans un contexte profondément différent. Cuba s’est imposée naturellement comme le territoire de cette réflexion. Parce qu’elle fut l’hôte de la Tricontinentale. Parce qu’elle demeure, malgré ses difficultés et ses contradictions, un symbole mondial de résistance à la
domination impériale. Mais aussi parce que l’île offre un regard concret sur les défis auxquels sont confrontés les projets de transformation sociale lorsqu’ils doivent affronter les réalités économiques, géopolitiques et humaines du présent.

Ce film donne à voir une société traversée par des tensions, des aspirations et des questionnements. Les difficultés matérielles, les attentes de la jeunesse, la permanence de l’engagement politique, mais aussi la mémoire toujours vivante des solidarités internationales participent à dresser le portrait d’un pays qui continue d’occuper une place singulière dans la lutte anti-impérialiste. À travers la parole de Saïd Bouamama et des différents intervenants rencontrés au cours de notre voyage, le documentaire propose avant tout une réflexion sur la possibilité d’un nouvel internationalisme. Il interroge la capacité des peuples à construire des solidarités face aux rapports de domination contemporains et pose une question simple mais essentielle : comment penser et structurer l’émancipation collective ?

Plus qu’un film sur Cuba ou sur la Tricontinentale, ce documentaire est une invitation à s’engager pleinement dans la lutte anti-impérialiste. Il s’adresse à toutes celles et ceux qui cherchent à comprendre les transformations du monde contemporain et les perspectives politiques qui s’y dessinent.

Film documentaire par l’Association La Brèche / 2026 / 1h15

https://www.youtube.com/watch?v=uVjHoJmi_sE

Contact

Pour plus d’informations, merci d’écrire à ines.marthaler@gmail.com.