Une large alliance composée de partis politiques, dont le Parti suisse du travail, d’organisations pacifistes, d’ONG et d’associations religieuses lance le référendum sur le matériel de guerre. L’objectif est d’empêcher l’exportation de matériel de guerre vers des pays en guerre.
L’attaque des États-Unis contre le Venezuela, contraire au droit international, illustre parfaitement la problématique de la nouvelle législation sur le matériel de guerre et rend ce référendum d’autant plus urgent. Les États-Unis font partie des États qui, suite à l’assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, peuvent être approvisionnés même en cas de guerre. Mais les parties belligérantes au Soudan, où une guerre civile brutale fait rage depuis des années, pourraient également être équipées d’armes suisses par le biais de livraisons indirectes de matériel de guerre. En revanche, l’Ukraine, attaquée en violation du droit international, reste exclue des exportations de matériel de guerre depuis la Suisse.
Lors de la dernière session d’hiver, les partis bourgeois ont adopté une loi sur l’industrie de l’armement qui, dans un souci de profit, vise à vendre du matériel de guerre suisse dans le monde entier. Une large alliance s’oppose à cette décision et a lancé son référendum lors d’une conférence de presse le 7 janvier.
En tant que gardienne des Conventions de Genève et compte tenu de ses liens historiques avec la Croix-Rouge, la Suisse a mieux à exporter que des armes. L’assouplissement rigoureux de la loi sur le matériel de guerre apporte davantage d’insécurité dans le monde et porte même atteinte à la neutralité militaire de la Suisse.
L’alliance pour le référendum sur le matériel de guerre est convaincue qu’elle parviendra à réunir les signatures nécessaires d’ici la mi-avril, afin que le peuple suisse puisse se prononcer sur cet assouplissement de la loi sur le matériel de guerre.

